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à Bielsk Podlaski, un unique hôpital et des migrants exténués

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Des milliers de migrants, la plupart originaires d’Afrique et du Proche-Orient, ont franchi ou tenté de franchir au cours des derniers mois la frontière de la Biélorussie pour rejoindre l’Union européenne. Après un long et difficile périple, certains sont pris en charge à l’hôpital de Bielsk Podlaski.

Avec notre envoyé spécial à Bielsk Podlaski, Romain Lemaresquier

Bielsk Podlaski est une petite ville d’un peu moins de 30 000 habitants située à une trentaine de kilomètre de la frontière avec la Biélorussie. Elle n’abrite qu’un seul hôpital dont l’accès est normalement interdit à la presse. Rendez-vous a été fixé avec le docteur Arsalan Azzadin.

Ce réfugié kurde, installé en Pologne depuis 26 ans, assiste avec désespoir à cette crise migratoire. « Tous les jours, il en arrive deux ou trois, dans des états différents. Ceux qui sont ici sont arrivés en ambulance. C’est la police qui a appelé parce qu’ils étaient en très mauvais état », rapporte-t-il.

Quatre migrants sont hospitalisés ici. Amir et Ramazan, deux frères kurdes irakiens arrivés il y a trois jours, et deux Syriens, Abdulmuhaymn et Abdu, arrivés la veille et apparemment exténués. Tous sont en état d’hypothermie, les pieds gelés, avec des traces de coups. Amir, lui, est diabétique et a besoin de trois injections d’insuline par jour sans quoi il risque la mort.

Abdulmuhaymn nous fait signe. Il ne parle pas anglais, mais veut nous faire passer un message en utilisant son portable. « J’ai quitté la Syrie à cause de la guerre et des conditions de vie très difficiles. Nous avons beaucoup souffert pour arriver ici. Nous avons failli mourir à plusieurs reprises, traduit la voix métallique du téléphone. J’espère que les autorités compétentes auront pitié de nous. Nous ne voulons pas y retourner, car c’est une mort assurée. Nous sommes tous des êtres humains et nous avons le droit de vivre. »

Abdulmuhaymn n’a plus de chaussures. Ses pieds, complètement gercés et brûlés par le froid, sont bandés. Il ne peut presque plus marcher. Les gardes-frontières ne vont pas tarder à arriver, le médecin nous laisse entendre qu’il va devoir choisir qui reste et qui part. Les gardes-frontières repartent dans un fourgon avec les deux migrants syriens. Ils n’emportent qu’un sac plastique contenant quelques affaires.

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