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cinq journalistes citoyens emprisonnés par le régime

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Un tribunal vietnamien a emprisonné cinq journalistes citoyens pour « abus de droits démocratiques ». Les arrestations et condamnations de journalistes sont légion au Vietnam, pays régulièrement régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’informer.

Cinq personnes travaillant sur une page d’information en ligne de journalistes-citoyens ont été condamnées jeudi 28 octobre par un tribunal de Can Tho, dans la région méridionale du delta du Mékong.

Truong Chau Huu Danh, fondateur de la page Facebook Bao Sach (« Le journal propre »), qui publie des articles sur des questions sociales brûlantes et sur la corruption, a été condamné à quatre ans et demi de prison.

Les articles de M. Danh, ancien journaliste, contenaient « des pensées réactionnaires, allant au fond des choses et ne servant pas les intérêts du pays », a déclaré l’agence de presse vietnamienne, citant des documents judiciaires.

Ses quatre coaccusés ont été condamnés à des peines de prison allant de deux à trois ans. Tous les cinq seront interdits de travailler dans le journalisme pendant trois ans après avoir purgé leur peine de prison.

Étouffer la dissidence 

Un verdict critiqué par les Etats-Unis qui « appellent les autorités vietnamiennes (…) à libérer ces cinq journalistes et toutes les personnes injustement détenues, et à permettre à tous les individus au Vietnam d’exprimer leurs opinions librement et sans crainte de représailles. » « Ce groupe de journalistes se concentre sur des reportages d’investigation sur la corruption, ce qui, bien sûr, n’est pas un crime », a déclaré vendredi le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, dans un communiqué.


La ligne dure de l’administration vietnamienne agit souvent rapidement pour étouffer la dissidence, en emprisonnant des militants, des journalistes et toute opinion critique ayant une grande audience sur les réseaux sociaux et notamment Facebook, largement utilisé dans le pays. En juillet, l’ancien journaliste de radio Pham Chi Thanh, également un militant pro-démocratie bien connu, a été condamné à cinq ans et demi de prison pour avoir diffusé des informations sur Facebook. En mars, Amnesty signalait l’arrestation de plusieurs personnes critiques à l’égard du régime sur les réseaux sociaux, et en janvier dernier, des peines très sévères avaient été prononcées contre trois journalistes, condamnés lors d’un procès expéditif à Hô-Chi-Minh-Ville à des peines de 11 à 15 ans de prison pour avoir critiqué le régime communiste. 

Selon ses détracteurs, le gouvernement a adopté une approche beaucoup plus dure à l’égard de la dissidence depuis la réélection de Nguyen Phu Trong à la tête du Parti communiste, à l’issue du 13e congrès organisé fin janvier-début février 2021. Le nombre de prisonniers de conscience avait alors doublé depuis le précédent congrès en 2016 rapportait Amnesty International. L’ONG relevait également que de plus en plus de gens sont emprisonnés sur la base d’opinions exprimées sur internet.

Le Vietnam occupe la 175e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2021. 

(et avec AFP)   



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