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début d’un scrutin contesté avec un corps électoral spécial

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Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche à 7h du matin en Nouvelle-Calédonie, 20h ce samedi en temps universel. « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » C’est la question posée aux électeurs de cet archipel français d’Océanie bénéficiant d’un statut unique. Pour ce troisième et dernier scrutin du processus de référendum, tout le monde ne peut pas voter.

La Nouvelle-Calédonie a commencé à voter ce dimanche matin heure locale, pour son troisième et dernier référendum sur l’indépendance. Sans grand suspense : les indépendantistes ont décidé de le bouder faute d’en avoir obtenu le report, renvoyant les choix pour l’archipel de l’océan Pacifique à l’après-présidentielle française.

Au total, un peu plus de 185 000 électeurs calédoniens sont appelés aux urnes. Seuls les électeurs inscrits sur la « Liste électorale spéciale pour la consultation » peuvent voter.

Pour faire partie de cette liste, il faut justifier d’une résidence continue en Nouvelle-Calédonie depuis au moins le 31 décembre 1994, bénéficier du statut civil coutumier kanak ou être né en Nouvelle-Calédonie et y ont leurs intérêts matériels et moraux.

Un corps électoral, fruit de l’accord de Nouméa

Cela exclut de fait plus de 35 000 électeurs de la liste électorale valable pour les autres élections : présidentielles, législatives ou encore municipales. Il s’agit surtout d’Européens, arrivés dans l’archipel après 1994.

Ce corps électoral spécifique au référendum est le fruit de l’accord de Nouméa de 1998. Il a pour but d’éviter le droit de vote à des résidents installés récemment et ainsi de contenir la « colonisation de peuplement » dénoncée par les indépendantistes.

L’équilibre des forces doit rester le même qu’au moment de la signature de l’accord. Cette liste fait régulièrement débat, certains Calédoniens dénonçant leur exclusion. Elle sera de toute façon caduque à l’issue de l’opération de vote, quels que soient les résultats.

« Campagne équitable » impossible, selon les indépendantistes

Aux deux précédents référendums, organisés en 2018 et 2020 en vertu de l’accord de Nouméa, le non l’a emporté, avec 56,7% puis 53,3% des suffrages.

Cette fois, les indépendantistes ont demandé le report du scrutin à septembre 2022 en raison de l’impossibilité de “mener une campagne équitable” à cause de l’épidémie de Covid-19.

Le territoire, qui avait réussi à y échapper en fermant ses frontières début 2020, a été rattrapé par le virus en septembre, avec un bilan de 280 décès, touchant majoritairement les Kanak.

Les regards tournés vers le jour d’après

Face au refus du gouvernement de reporter le scrutin, les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont appelé leurs partisans à ne pas aller voter.

Le Sénat coutumier, institution qui incarne le pouvoir traditionnel kanak, a demandé jeudi “aux citoyens kanak et aux progressistes calédoniens d’observer une journée nationale de +deuil kanak+ le 12 décembre 2021 en ne se rendant pas aux bureaux de vote”.

De son côté, le camp opposé à l’indépendance a tenté de mobiliser mais redoute un effondrement de la participation par rapport aux plus de 80% de 2018 et de 85% de 2020.

Dans ce contexte, les regards se tournent déjà vers le jour d’après le référendum. Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé vendredi 10 décembre à Nouméa pour préparer cette période de discussions. Mais le FLNKS et les Nationalistes ont déjà prévenu jeudi qu’ils refusaient toute rencontre avec le ministre avant l’élection présidentielle française, en avril 2022.

♦ Les usines de nickel en mauvaise posture

L’usine de Koniambo, symbole du rééquilibrage économique, géographique et ethnique en faveur des populations kanak accumule les problèmes techniques. Elle n’a produit que 17 000 tonnes en 2020, alors qu’elle pourrait en produire 60 000. L’objectif de la direction serait d’atteindre 3 000 tonnes de nickel par mois, d’ici à juin 2022. À moins que le géant suisse Glencore, copropriétaire de l’usine, ne se retire. Ce serait une catastrophe pour ses 900 employés.

La Société Le Nickel, filiale d’Eramet, opérateur historique, est, elle aussi, en mauvaise posture. Déficitaire, l’usine attend la mise en œuvre d’un plan de sauvetage sensé la faire sortir de l’impasse. C’est finalement la troisième usine, le franco-suisse Prony Resources qui tire son épingle du jeu. Au cœur de violences il y a un an après sa vente par le brésilien Vale, l’usine du Sud produit le nickel peu raffiné, destiné au marché des batteries des véhicules électriques. Son premier client est le californien, Tesla.

 

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