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Décès de Maryse Wolinski, la veuve combattante du dessinateur Georges Wolinski

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Ce jeudi 9 décembre, Maryse Wolinski, la veuve du dessinateur Georges Wolinski, tué dans l’attentat contre Charlie Hebdo, est morte à l’âge de 78 ans. Jusqu’au bout, elle a poursuivi le combat pour la liberté pour laquelle son mari et l’équipe du journal satirique ont payé le sacrifice ultime.

En septembre dernier, la romancière et journaliste avait fait un don de 41 dessins aux Beaux-Arts de Paris pour que l’œuvre de son mari entre dans l’histoire de l’art. À cette occasion, déjà marquée par son cancer, Maryse Wolinski était apparue un peu frêle. Mais elle avait gardé sa spontanéité et surtout sa bonne volonté au service des autres. Dans ce haut lieu de l’art, elle nous avait parlé avec beaucoup d’émotion et d’engagement du travail de son mari dessinateur, de son rôle dans la société et de son trait d’esprit exprimé par « la provocation » et « l’humour ». 

Au-delà de tout, elle avait montré sa détermination d’accomplir le rêve de son mari : l’inauguration d’une Maison du dessin de presse et du dessin satirique. Un projet bien avancé et depuis 2020 aussi soutenu par le président Macron, mais dont Maryse Wolinski n’assistera donc pas à l’inauguration.

[Vidéo] Quand Maryse Wolinski parle de son mari Georges

Georges Wolinski en 1991.
Georges Wolinski en 1991. © Mathilde de l’Ecotais / AFP

Le journalisme, le mariage et la littérature

Née le 3 mai 1943 à Alger, originaire du Lot-et-Garonne, Maryse Bachère a commencé sa carrière professionnelle en tant que journaliste au quotidien Sud-Ouest à Bordeaux et les pages « Société » du Journal du dimanche. C’est à ce moment-là qu’elle a rencontré Georges Wolinski et le monde plein d’humour et de critique de la caricature. Et ces deux univers lui ont fait forte impression.

Elle se marie alors avec ce père de deux filles et donne trois ans plus tard naissance à leur fille commune Elsa. Malgré la charge familiale, Maryse Wolinski reste journaliste en travaillant à Paris pour Elle ou Le Monde-Dimanche, avant de commencer une deuxième carrière de romancière. En 1988, elle publie son premier roman chez Flammarion, Au diable Vauvert, suivi par Le Maître d’amour en 1992 et La Femme qui aimait les hommes en 1998.  

Végétarienne et féministe convaincue

Féministe convaincue, Maryse Wolinski aurait tout fait pour sauver et garder le souvenir de son mari, dessinateur de scènes souvent aussi politiques que crues et défiant toute morale. Depuis le jour tragique du 7 janvier 2015, elle a écrit trois livres pour entretenir l’héritage artistique de ce chroniqueur de l’âme humaine.

En 2016, Chérie, je vais à Charlie démarrait cette trilogie, entre autres aussi avec des questions sur « les dysfonctionnements » de la police et de l’antiterrorisme. Une critique qu’elle avait renouvelée en 2020, lors du procès de l’attentat contre Charlie Hebdo où elle était partie civile.

En 2018, avec son livre Le Goût de la belle vie, elle avait démontré que, même meurtrie, elle continuait à lutter pour le beau et le juste, avant de rendre en 2020 un dernier hommage à l’homme avec qui elle a été mariée pendant 43 ans : Au risque de la vie.



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