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Des armes iraniennes retrouvées en Somalie

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Dans un rapport, le think tank suisse Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) confirme la présence d’armes iraniennes sur le sol somalien. Un armement initialement destiné aux rebelles yéménites houthis. 

L’étude s’appuie sur quelque 400 armes saisies dans treize villes somaliennes, mais également sur les cargaisons de treize navires interceptés par les forces navales internationales dans le golfe d’Aden et la mer d’Arabie depuis 2015. 

Jay Bahadur, auteur du rapport, a comparé les numéros de séries des armes saisies en Somalie à ceux des armes issues des cargaisons des navires interceptés, soupçonnés de venir d’Iran. Selon lui, « la plupart, si ce n’est l’ensemble de ces fusils saisis en Somalie, partagent une origine commune : le plus probablement les stocks d’État iraniens. » 

L’existence d’une filière iranienne est également confortée par le tracé GPS d’une embarcation transportant des armes illégales. En février 2021, l’USS Winston Churchill de la marine américaine intercepte deux bateaux au large des côtes somaliennes. À bord d’un d’entre eux, des milliers de fusils d’assaut, des mitrailleuses, des fusils de précision et des lance-roquettes.  

En vérifiant l’historique du GPS, les marins découvrent que le navire de contrebande a mouillé à seulement dix kilomètres du port iranien de Jask, situé à proximité d’une base militaire du détroit d’Ormuz, avant de se rendre au large de la côte de l’État semi-autonome du Puntland, au nord de la Somalie. 

Par le passé, l’Iran a, à maintes reprises, nié toute implication dans l’acheminement d’armes aux rebelles houthis. Contactées, les autorités iraniennes et somaliennes n’ont pas réagi à la publication de cette étude. 

Crainte d’une déstabilisation régionale 

Le rapport du GI-TOC alerte sur une prolifération massive des armes en provenance du Yémen et de l’Iran, qui viendrait encore un peu plus déstabiliser la Corne de l’Afrique. 

La crise politique en Somalie, conséquence des multiples reports du processus électoral, pourrait avoir augmenté la demande en armes. Des tensions politiques au sommet de l’État dont pourraient profiter les combattants shebabs, comme l’explique le rapport du GI-TOC qui met en garde contre le risque d’un possible acheminement de matériel lourd par la filière Iran-Yémen. 

Selon les sources du GI-TOC, l’importation d’armes au Puntland s’accompagne d’une montée des tensions claniques, particulièrement dans les zones disputées entre le Puntland et la République autoproclamée voisine du Somaliland, à l’ouest de la Somalie. Les combattants des groupes islamistes de l’organisation État islamique et des shebabs actifs dans la région profitent eux-aussi depuis plusieurs années de la proximité avec le Yémen pour réapprovisionner leurs stocks d’armes et de munitions. 

Mais le Puntland n’est pas toujours la destination finale de ces armes. Les craintes d’une détérioration du climat sécuritaire de la région tout entière sont d’autant plus grandes que des fusils d’assaut dérivés de la filière Iran-Yémen ont été saisi à proximité de la frontière kényane, mais également près de l’Éthiopie, dans la région du Galmudug. Une zone poreuse qui pourrait devenir un lieu de transit majeur et alimenter un conflit comme la guerre civile au Tigré. 

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