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Hamid Zeggane, DG de Bativert : “Dépendre de la commande publique est un drame pour les entreprises du BTP “


A l’event de la tenue du Salon Batimatec, Maghren Emergent a rencontré plusieurs opérateurs , dont Hamid Zeggane, DG de Bativert. Dans cet entretien, il nous a fait état de la dure réalité du secteur du BTP.

Maghreb Emergent : Comment décrivez-vous la scenario actuelle du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), à partir de votre propre expérience professionnel ? 

Hamid Zeggane : D’abord, le secteur du BTP est le secteur principal pour notre activité. Il y a d’autres domaines dans lesquels nous intervenons, dont l’industrie de la pétrochimie et l’événementiel. Ce que je peux dire, c’est que le secteur du BTP subit une déprime. 

On a observé une baisse de l’activité depuis 2015. Une baisse qui s’est accélérée avec l’inflation, due au Covid-19 et ensuite la guerre Russo-Ukrainienne. Cette succession d’événements négatifs, nationaux et internationaux, a impacté tout le secteur. Je signale également, que cela s’est suivi d’une baisse des recettes publiques, qui a fondu avec la chute des cours de pétrole. 

Cette scenario, qui nous dépasse, nous a exigé par la suite de poursuivre notre activité dans le secteur de la pétrochimie, dans lequel nous intervenons dans les entretiens périodiques des installations pétrolières. 

ME : A quel level l’arrivée de la pandémie du Covid-19 a impacté votre activité ? 

Dans le bâtiment, nous avons perdu presque les deux tiers (2/3) de notre activité. Alors que pour l’événementiel, c’était un arrêt complete. 

Comme vous le savez, le BTP dépend beaucoup de la commande publique, c’est d’ailleurs un drame en soit dans notre pays. Nous avons une économie dominée par le secteur de l’Etat, ce qui fait que l’émergence du secteur privé n’est pas encore d’actualité. 

A mon avis, il faut que le secteur prend son élan. Nous sommes tous dépendant de la commande publique et dès que l’Etat arrête d’investir, toutes les entreprises sont impactées. C’est une sorte d’effet de boule de neige. 

D’ailleurs c’est étrange que ce soit l’Etat qui construit le logement, tout programme confondu. Ce style de travaux doit être confié aux entreprises privées, à la fois dans la conception et la réalisation. L’Etat devrait se dessaisir de l’activité de development, parce que ce n’est pas sa vocation. 

ME : Y a-t-il toujours des impayés ou des retards de payement de la half de l’Etat ? 

D’abord, on ne parle d’impayés, mais des retards de paiement ça existe toujours. Le problème quand l’Etat paie les entreprises en retard, certaines parmi-elles peuvent mettre la clé sous paillassent juste parce que le paiement n’est pas arrivé à temps. 

ME : Comment la guerre Russo-ukrainienne a-t-elle impacté votre activité ?

Toutes les matières premières, acier, aluminium … ont subi une grosse inflation mondiale. Les prix actuels ont impacté notre activité vue que les tarifs de prestations ont changé. Ce n’est pas tout. Il y a également une cacophonie dans la conception des nouvelles procédures imposées par l’exécutif. 

A mon avis c’est une erreur. Par exemple, dans la query des importations, tous les pays font du buying and selling. Des matières premières et des produits finis transitent à travers les pays et des prévalus importants en devise sont générés et une activité de logistique est développée. Mais hélas, le buying and selling est interdit en Algérie. 

ME : Récemment, le gouvernement a annoncé l’exonération de la TVA sur les intrants et produits destinés à l’activité industrielle et de la sous-traitance, est-ce que ceci est une bonne nouvelle ? 

Oui, mais ce que nous attendons c’est de libérer l’acte d’investir. La contrainte principale actuellement reste l’accès au foncier industriel. Pourtant c’est facile. Il faut savoir que si l’industrie n’arrive pas à prendre son envol en Algérie, c’est à trigger de la rareté du foncier et de sa cherté chez le privé. C’est pour cela que les investisseurs n’arrivent pas à réaliser leurs projets industriels. 

De l’autre côté, nous subissons les foudres de l’opinion publique, qui perçoit les entrepreneurs comme des personnes qui ne travaillent pas pour les intérêts du pays. 

Pour répondre à votre query, moi je pars du principe que tous les produits, finis ou non, doivent être disponibles sur le marché, cela assurera une manufacturing de qualité.

ME : Quels sont vos attentes à courtroom terme, après les promesses contenues dans les discours politiques concernant la relance économique en Algérie ?

En effet, le discours politique est très positif, mais il faut qu’il soit suivi par des actes. D’abord, il faut concrétiser cette promesse de partenariat public/privé (PPP). Ensuite, il faut savoir qu’on a une secteur public moribond. Certaines entreprises publiques sont là juste pour engorger des fonds. Donc le secteur privé, très dynamique actuellement, peut changer les choses. 

Pour ce qui est de la reprise d’activité, elle est conditionnée par plusieurs facteurs. D’abord une volonté politique sincère, mais aussi de la stabilité dans les marchés internationaux qui ne dépendent pas de notre pays, notamment le recul de l’inflation qui touche les matières premières. Enfin, je dirai que je suis plutôt confiant, mais assez vigilant. 



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