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la défense d’Ali El Haddad Asufi demande son acquittement

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La parole est toujours à la défense au procès des attentats du 13 novembre 2015. Ce vendredi, pour clore cette première semaine de plaidoiries, ce sont les avocats d’Ali El Haddad Asufi qui avaient la parole. Le parquet national antiterroriste a requis une peine sévère de 16 ans de prison à l’encontre de cet homme soupçonné d’avoir cherché à procurer des armes à la cellule terroriste, ce qu’il a toujours contesté.  

Avec notre envoyé spécial au palais de justice de Paris, Nathanaël Vittrant

Me Jonathan de Taye se charge de désamorcer la pierre angulaire de l’accusation : un voyage à Rotterdam. « Un très mauvais roman de gare », dénonce l’avocat belge qui se délecte du casier judiciaire de l’homme qu’Ali el Haddad est soupçonné d’avoir rencontré, que les policiers néerlandais avaient présenté « comme un trafiquant d’arme international ». Un homme arrêté en septembre 2014 pour… un vol de vélo. « Je l’imagine sur son vélo, sa besace remplie de kalachnikovs », plaisante l’avocat avant de clore ce chapitre : « un trafiquant de stupéfiant, va dans un pays où l’on vend des stupéfiants pour rencontrer des trafiquants de stupéfiants. Quand j’entends à ma fenêtre des bruits de sabots, je pense à un cheval et pas à un zèbre parce que nous ne sommes pas dans la brousse. Le Parquet, lui, voit des zèbres partout. »

« Vous ne rentrerez pas dans l’Histoire avec un grand H »

Il est reproché aussi à Ali El Haddad Asufi l’aide significative apportée à son meilleur ami, Ibrahim El Bakraoui, pièce centrale de la cellule terroriste. « Le Parquet vous propose une clé de lecture unique pour tous les accusés : c’est l’engagement idéologique », assène Me Martin Mechin. « Moi, je ne vais pas vous proposer un passepartout, mais une clé qui ne sert qu’à mon client : le délit de recel de malfaiteur ». Car d’après sa défense, Ali El Haddad Asufi ignorait tout des funestes projets de son ami et il a surtout cherché à aider le gangster qu’il pensait en cavale, et pas le terroriste dont il ne soupçonnait pas l’existence. « À l’issue de votre verdict, vous ne rentrerez pas dans l’Histoire avec un grand H », conclut l’avocat. « Vous aurez à juger l’histoire d’Ali El Haddad Asufi avec un tout petit h. Et j’espère que nous aurons été à sa hauteur. »

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