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Le casse-tête des expatriés français vivant en Russie

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Les expatriés français vivant en Russie sont visiblement contraints à la survaccination. En effet, la France n’autorise que quatre vaccins dans son schéma vaccinal et a écarté le vaccin russe Spoutnik V. Un vrai casse-tête pour nos concitoyens qui sont établis en Russie. Témoignage.

Si de nombreux vaccins anti-Covid-19 administrés dans le monde sont reconnus par l’Organisation mondiale de la santé, la France n’autorise que quatre d’entre eux. Alors que le passe vaccinal devrait entrer en vigueur prochainement, les expatriés français qui vivent en Russie s’arrachent les cheveux.

« La France ne reconnaît pas le vaccin russe, mais n’offre aucune autre solution »

De mémoire d’expatrié, Denis* n’a jamais connu une situation aussi ubuesque. Sa vie et celle de sa famille est chamboulée depuis le début de la pandémie de coronavirus. Piqués avec le vaccin russe Spoutnik V, les membres de cette famille, qui vivent à Moscou, se trouvent dans une situation kafkaïenne. Le vaccin russe ne leur permet pas d’accéder actuellement au passe sanitaire français. Encore moins au passe vaccinal quand il sera de rigueur en France. Ils n’ont pas eu d’autre choix que de recevoir le vaccin Spoutnik.

En Russie, Pfizer ou Moderna, reconnu en France, ne sont pas disponibles. Et le Quai d’Orsay n’a pas hésité à demander à la communauté française de se tourner vers les vaccins locaux. Un paradoxe. Ces Français semblent être les otages d’une géopolitique vaccinale. 

« La France ne reconnaît pas le vaccin russe, mais n’offre aucune autre solution. Les autres pays européens comme la Finlande et l’Allemagne ont fait venir des vaccins en Russie pour leurs expatriés. Le pire, c’est que l’on sait que le personnel de l’ambassade française a été vacciné avec Pfizer », raconte par téléphone et avec dépit notre interlocuteur. Environ 3 000 Français habitent Moscou. Certains se sont tournés vers l’ambassade qui ne répond pas. D’autres ont même envoyé des courriers aux ministères concernés, restés sans réponse.

La solution en Croatie !

Pour les vacances de Noël, Denis, son épouse et ses enfants sont restés à Moscou, à contrecœur. Ils auraient été obligés de s’isoler dix jours en France alors que c’était pratiquement la durée du séjour, prévu de longue date. Une frustration supplémentaire pour les enfants qui voulaient voir les grands-parents.

Sans les quatre vaccins autorisés par la France – Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Jansen –, il est impossible d’avoir un schéma vaccinal complet, donc pas de passe sanitaire. Et d’ici à mi-janvier, le passe-vaccinal ne sera pas accessible non plus.

Jusqu’à présent, les expatriés qui revenaient sur le sol français vaccinés avec Spoutnik avaient encore la possibilité de présenter un test antigénique ou PCR négatif pour accéder aux lieux où le passe sanitaire était obligatoire. Bientôt, avec le passe vaccinal, il n’y aura plus d’autres solutions que de multiplier les doses vaccinales.

« Je voudrais me faire vacciner en France, mais c’est difficile d’obtenir un rendez-vous. En plus, il faudrait que je mente, car comme je suis déjà vacciné avec deux doses de vaccin russe, je n’ai pas le droit de recevoir un autre vaccin », explique Denis, installé en Russie depuis 28 ans. Il devrait très prochainement trouver la solution en allant se faire vacciner lui et sa famille, gratuitement et sans rendez-vous, en Croatie. Une situation « ridicule » selon lui, qui se demande si les autorités françaises ont bien « mesuré » le problème.

« J’ai encore toute ma famille dans l’Hexagone »

« Nous vivons en Russie depuis très longtemps et nous avons toujours mis en avant les valeurs de la France. Je n’ai jamais eu l’intention de demander la nationalité russe, mais désormais je réfléchis. C’est plus facile de faire le voyage en France pour un Russe que pour nous. C’est scandaleux, j’ai encore toute ma famille dans l’Hexagone. Suis-je un citoyen français de seconde zone ? », s’insurge-t-il.

Entre ses vaccins en Russie et ceux qui seront effectués à Zagreb, il totalisera quatre doses avant les deux rappels nécessaires pour chaque vaccin. « Je vais jouer avec ma santé pour pouvoir rendre visite à mes parents ! Ce n’est pas normal », conclut-il.

Le 11 janvier, le porte-voix des expatriés moscovites, Franck Ferrari, conseiller des Français à Moscou, a adressé une lettre adressée au ministre Jean-Baptiste Lemoyne, en charge des Français de l’étranger. « Les Français de Russie n’ont pas le luxe d’être pour ou contre la vaccination, ils ont tout simplement été abandonnés », écrit-il dans ce courrier que RFI a pu consulter. 

* le prénom a été changé



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