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les autorités veulent réguler les «potins» en ligne

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En Chine, les autorités entendent réguler la diffusion des « potins » sur internet. Le régulateur chinois du cyberespace a annoncé, ce mardi 23 novembre, qu’il allait renforcer les contrôles sur les informations mises en ligne par les personnalités du monde de la culture, mais aussi du sport.

De notre correspondant à Pékin,

Cette annonce intervient dans le contexte de l’affaire Peng Shuai, mais en réalité cette proposition de règlement remonte au 26 octobre dernier, donc avant les accusations d’agressions sexuelles de la joueuse de tennis à l’encontre d’un ancien dirigeant chinois. L’avis, publié par l’administration du cyberspace en Chine, a été consulté plus 72 millions de fois sur le réseau Sina Weibo, déclenchant plus de 6 600 échanges sur le sujet.

Certains internautes remettant en cause « l’efficacité » de la proposition, en citant le cas de Meng Meiqi. La chanteuse et membre du girls band sud-coréen WJSN, a été accusée par certains internautes d’avoir séduit « un garçon qui avait déjà une copine », et elle n’a pas été censurée. L’Agence centrale chargée de la régulation, de la surveillance et de la censure des échanges entre plus d’un milliard de connectés, revient avec sa proposition ce mardi, disant craindre les « potins » et leur influence supposée sur les « valeurs communes. »

Surveiller et effacer

Pour maintenir un environnement internet « positif et sain », le contrôle des publications des célébrités, y compris s’il s’agit de publicité, sera renforcé. Surveiller et punir, en « effaçant » médiatiquement un personnage célèbre. Selon le journal Global Times, la proposition comprend l’établissement d’une liste noire des contenus « faisant la promotion de valeurs déformées ou d’artistes corrompus ». Les personnalités considérées comme « toxiques » ayant eu des comportements jugés contraire à la loi ou à l’éthique seront bannies des réseaux sociaux et des applis. Plusieurs noms très connus en Chine ont déjà connu cette disparition médiatique forcée : l’artiste contemporain Ai Weiwei, l’actrice Fan Bingbing, Jack Ma, le fondateur du groupe Alibaba, ou plus récemment l’actrice Zhao Wei. Une mise à l’ombre autrefois réservée aux intellectuels dissidents ou aux pétitionnaires contestant l’autorités locales et placés à l’isolement le temps que ces derniers rectifient leurs comportements.

Ces disparitions sont parfois suivies de réapparitions cathodiques mais sans véritable retour sur le devant de la scène. C’est le cas aujourd’hui pour Peng Shuai dont le nom a disparu de l’internet chinois depuis qu’elle a fait sa déclaration en ligne du 2 novembre dernier. Le message n’a pas tenu plus de 20 minutes sur les réseaux sociaux. Depuis, les commentaires faisant allusion à ces révélations sont bloqués, même chose pour l’emoji « Balle de tennis », oui celui de « pastèque » qui en mandarin peut aussi vouloir dire « potins ». Les trois caractères « gua mei le » (« les potins ont disparu ») sont également censurés. Même la série coréenne Le Premier ministre et moi, au titre beaucoup trop évocateur a été retiré début novembre de Douban, la plateforme de films en streaming.

« Mêlez-vous de vos affaires ! »

Après la réapparition de Peng Shuai sur des photos et vidéos diffusées par des comptes Twitter de médias d’État le week-end dernier, le message publié sur le réseau Weibo par l’ambassade de France en Chine, lundi, est le seul à mentionner explicitement le nom de l’ex 14e joueuse mondiale sans pour l’instant avoir été supprimé : « Nous sommes préoccupés par le manque d’informations sur la situation de Peng Shuai écrit la représentation diplomatique française en mandarin. Nous appelons le gouvernement chinois à mettre en œuvre ses engagements dans la lutte contre les violences faites aux femmes ».


Le post totalisait ce mardi matin 456 commentaires, 462 partages et 1 773 likes ; avec des réponses étroitement filtrées ne laissant passer que des thèmes chers aux « patriotes » du clavier : les « affaires intérieures » du pays -« mêlez-vous de vos oignons », « comment osez-vous interpellez la Chine !»« vous les Français, vous aimez faire courir les rumeurs », « cela participe de la théorie du complot », etc…

Les autres posts qui ont pu passer entre les mailles du filet de la censure, ne font qu’indirectement allusion à la star chinoise du double féminin. « Le sport est une chose merveilleuse, ne le sous-estimons pas écrivait ainsi un weibonaute la semaine dernière. Merci à toutes et à tous d’avoir pris la parole et notamment à Naomi Osaka (ndlr : la joueuse japonaise a été parmi les premières à partager le hashtag #WhereIsPengShuai) ». La publication est restée en ligne moins de 48 heures.



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