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les écoles, nouveau champ de bataille politique des républicains

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Depuis plusieurs mois le concept de « théorie critique de la race » enflamme les conseils scolaire un peu partout aux États-Unis et en particulier en Arizona, un État remporté de justesse par Joe Biden lors de la dernière élection. Reportage dans un lycée américain ou le choix des programmes fait l’objet d’un nouvel affrontement entre droite et gauche.

C’est un meeting politique dans un lieu inattendu, devant les grilles d’un lycée à Scottsdale une banlieue aisée de Phoenix en Arizona. « Si je suis candidate pour devenir gouverneure c’est parce que je suis une mère et parce que je m’inquiète de ce qu’on enseigne dans nos écoles. » 

Debout à l’arrière d’un pick-up flanqué du slogan « nos enfants méritent mieux », Kari Lake, candidate au poste de gouverneur en Arizona adoubée par Donald Trump, est venue soutenir une manifestation d’une centaine de parents d’élèves qui s’inquiètent d’une histoire trop progressiste et antiraciste soit enseignée à leurs enfants dans l’Amérique de l’après George Floyd.

« Ce sont des programmes woke »

« La façon dont on enseigne l’histoire des États-Unis actuellement devrait en fait s’appeler histoire anti-américaine. Ce sont des programmes woke… et ce n’est pas bien. On devrait se contenter d’apprendre à lire, à compter, c’est-à-dire d’avoir des programmes censés qui font en sorte que les enfants réussissent plus tard. Au lieu de cela, on apprend que la première chose à faire c’est de regarder la couleur de peau de quelqu’un. Moi je ne vois pas la couleur de peau. Je ne regarde que les qualités intérieures d’une personne. Voila ce que je veux que mes enfants apprennent. Je n’ai pas envie qu’ils apprennent que leur camarade de classe est un oppresseur ou qu’ils se sentent mal à l’aise à cause de l’histoire de leur pays. » 

Cette ancienne présentatrice locale de Fox News, déjà favorite des sondages, ne fait que renforcer sa popularité avec sa croisade contre la théorie critique de la race dans les écoles. Ce concept universitaire centré sur l’étude des discriminations raciales n’est pourtant pas enseigné dans le secondaire mais il cristallise toutes les peurs identitaires des parents conservateurs comme Patricia. « Pourquoi apprend-on a nos enfants que certaines personnes sont des oppresseurs et d’autres des oppressés ? Ce n’est pas comme ça que l’on va en finir avec le racisme. » 

Cette mère de cinq garçons en est persuadé. Depuis les manifestations antiracistes de l’été 2020, les programmes scolaires ont été modifiés et selon elle, les livres d’histoire feraient désormais pesé la culpabilité du racisme sur les épaules des enfants blancs américains. « Certains livres scolaires et certains profs expliquent aux enfants que s’ils sont blancs, ils doivent accepter qu’ils sont privilégiés. Les écoles doivent arrêter cela. Aux États-Unis, le racisme était en train de décliner et toutes ces histoires de théories critiques de la race, c’est en train de le raviver et de dresser les communautés les unes contre les autres. » 

Confrontation

Le débat tourne à la confrontation, en réunions de plus en plus enflammées du conseil scolaire de Scottsdale qui se tiennent désormais sous surveillance de la police. Patricia a lancé une pétition demandant la démission du président de cette instance élu pour gérer la vie des écoles du district. L’homme est accusé d’avoir constitué un dossier sur les parents opposés comme elles à la théorie critique de la race. Mais d’autres parents, comme Haidi, elle-même professeur au collège de Scottsdale, le soutiennent toujours. « Nous devons enseigner l’histoire de ce pays, il y a des événements historiques qui doivent être enseignés. Eux j’ai l’impression qu’ils ne veulent pas qu’on parle de l’esclavage ou du traitement qui a été réservé aux Afro-Américains. Si on n’enseigne pas l’histoire, l’histoire se répète. On ne peut pas cacher certains faits historiques. Est-ce que cela veut dire qu’on apprend à détester l’Amérique ? Non pas du tout, je ne sais pas où ils vont chercher ça. » 

Cette nouvelle bataille culturelle dans les écoles américaines fait en tout cas figure de machine à mobiliser l’électorat républicain. La stratégie a déjà fonctionné lors de la dernière élection du gouverneur en Virginie. Les conservateurs espèrent la faire fonctionner à nouveau pour gagner les élections de mi-mandat en novembre prochain. 



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