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les militaires «sont la loi et peuvent faire ce qu’ils veulent»

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La leader birmane Aung San Suu Kyi et le président U Win Myint ont été condamnés lundi 6 décembre à quatre ans de prison pour incitation à la violence et non-respect des règles contre le Covid-19, une sentence réduite à deux ans, quelques heures plus tard. Pour les Birmans, ce n’est pas une surprise, et la colère se mêle à l’impuissance. Celle qu’on appelle La Dame doit encore répondre de neuf chefs d’accusation dans un procès qui risque de durer encore des mois.

Avec notre correspondante à Rangoun, Juliette Verlin

Pour beaucoup de Birmans, la sentence d’Aung San Suu Kyi prononcée lundi n’augure rien de bon pour la suite.

« Je me sens furieuse et déçue. Mais je sais ce dont les militaires sont capables, donc ce n’est pas surprenant. Comme Aung San Suu Kyi l’a dit à l’une de ses audiences, tout cela est absurde, s’énerve May, jeune salariée d’une entreprise internationale. Nous savons que les crimes ne sont pas réels, que les accusations ne sont pas réelles. Mais nous nous sentons impuissants, incapables de les arrêter : nous ne pouvons pas intervenir.

Quand j’ai entendu qu’ils avaient réduit sa sentence de quatre à deux ans hier soir, j’ai ri, parce que c’est tellement ridicule : ils jouent avec la loi, et ils essayent de la changer avant même 24h. Même mes changements d’humeur sont moins rapides que ça. »

« Ils ont réduit la sentence comme un geste de générosité ou un acte de réconciliation nationale. Elle est accusée de beaucoup de choses, corruption, fraude électorale, violation de loi sur les catastrophes naturelles ou sur la communication, beaucoup de choses. Les prochaines charges suivront les mêmes étapes. Donc on verra, explique Aung, employé d’une organisation locale. On ne peut pas savoir exactement ce qui se joue politiquement entre la junte et Aung San Suu Kyi. »

« Rien n’est au-dessus des lois. Ils sont la loi. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent », résume May.

Aung San Suu Kyi est jugée dans plusieurs affaires. Un verdict sur d’autres charges est attendu dans le 14 décembre prochain.

La junte «est la loi, ils peuvent faire ce qu’ils veulent», résume une Birmane après la condamnation d’Aung San Suu Kyi

► À écouter aussi : «Aung San Suu Kyi est un danger car elle incarne tout ce qu’ils rejettent»



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