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les réseaux de passeurs et les conditions d’immigration en question

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Chaque jour, des dizaines de migrants tentent de rejoindre les côtes anglaises depuis la France. Un trajet périlleux puisque vingt-sept personnes sont mortes mercredi 24 novembre. Depuis, Paris et Londres appellent à plus de coopération, tout en accusant l’autre de ne pas en faire assez pour empêcher ces traversées. Les habitants de Calais comme les associations de migrants s’interrogent sur les réseaux de passeurs comme sur les raisons des traversées.

avec de notre envoyée spéciale à Calais, Juliette Gheerbrant et notre correspondante à Londres, Claire Digiacomi

Ce jeudi 25 novembre, Emmanuel Macron constatait que la France tenait la frontière pour les Britanniques. De son côté, Boris Johnson suggérait de renvoyer en France tous les migrants illégaux qui arrivent par la Manche. C’est à Calais que va se tenir ce dimanche une réunion de plusieurs États européens. Le Royaume-Uni n’y participera pas, Gérald Darmanin ayant annulé l’invitation de la Grande-Bretagne à cette réunion. La France veut que l’Union européenne s’empare de la question migratoire et notamment de la question des passeurs.

►À écouter aussi : Virginie Guiraudon (CNRS): Boris Johnson veut signer «un accord de réadmission des migrants avec la France et l’UE»

On ne s’attaque pas aux passeurs

Jeudi soir, pendant l’hommage rendu aux vingt-sept victimes du naufrage de mercredi, une Calaisienne déplorait qu’on ne s’attaque pas aux réseaux de la criminalité organisée qui gèrent les passages et notamment à leurs chefs, rapporte notre envoyée spéciale à Calais.


C’est absolument choquant ce qui arrive ici.

Naufrage des migrants en Mache: l’hommage aux disparus

La télévision anglaise a, elle, retrouvé l’un de ses passeurs en Irak, qui gagnerait 90 000 euros par an, grâce à cette activité dans la Manche. On se souviendra qu’en Italie il y a quelques années que le trafic d’êtres humains l’emporte plus que celui de la drogue.

Il y a ici de moins en moins de traversées individuelles sur de toutes petites embarcations, de plus en plus de grands canots surchargés. Selon une militante d’Utopia 56, les associations évitent de trop se mêler de cette question pour des raisons de sécurité, les migrants restent discrets. On sait toutefois qu’un passage coûte de 2 000 à 3 000 euros.

►À lire aussi: Manche: naufrage le plus meurtrier d’une embarcation de migrants depuis le début des traversées

Mais cette jeune femme expliquait aussi que moins la migration est organisée, moins il y a de possibilités d’obtenir des permis de séjour, plus la mainmise des passeurs sur les migrants se renforce. Et c’est pour cette raison, entre autres, que la réunion européenne de dimanche ne suscitait pas de commentaires enthousiastes hier.

Plusieurs personnes s’inquiétaient du caractère uniquement répressif de la réponse politique et posaient aussi la question de la criminalisation de l’aide à Calais, les membres des associations qui apportent vêtements, nourriture aux migrants, sont traités par les forces de l’ordre comme des complices des passeurs, alors qu’ils ne font, disent-ils, que palier les manquements des pouvoirs publics.

Regroupement familial compliqué

Pour les associations d’aide aux migrants, cela ne fait aucun doute : si les traversées de la Manche sont aussi nombreuses, c’est parce qu’il est trop difficile pour les migrants de passer par les voies officielles, classiques, pour venir vivre au Royaume-Uni. C’est particulièrement vrai pour le regroupement familial, précise notre correspondante à Londres, Claire Digiacomi.

6449 bénéficiaires en 2020, une hausse de 2% par rapport à l’année précédente, mais moins que la France et ses 13000 permis de séjour délivrés. Les conditions sont strictes au Royaume-Uni : pour faire venir un enfant ou un conjoint, il ne suffit pas d’être demandeur d’asile, il faut avoir obtenu le statut de réfugié, et cela prend bien souvent plusieurs années.

Quant aux proches restés à l’étranger, ils doivent déposer leur dossier dans des centres dédiés des autorités du Royaume-Uni, à travers le monde. Mais ils ne seraient pas assez nombreux et donc peu faciles d’accès, selon la Croix rouge britannique. Elle conclue que la situation met souvent ces personnes en danger, car elles doivent traverser des zones de guerre ou de violence.

La présence de membres de la famille sur le sol britannique est l’une des raisons principales des migrants pour rejoindre le Royaume-Uni. L’autre motivation, étant la langue anglaise.

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