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Les Soudanais se préparent à une nouvelle marche «du million» contre le coup d’État

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Près de trois semaines après le coup d’État militaire, la société civile et les comités de résistance appellent les Soudanais à sortir dans les rues pour une marche dite « du million ». Le tout dans un climat de répression rappelant les méthodes du régime d’Omar el-Béchir.

Avec notre correspondante à Khartoum, Florence Morice

Des dizaines d’arrestations ont été signalées cette semaine parmi les leaders de comités de résistance, qui quartier par quartier organisent la mobilisation. Vendredi 12 novembre, beaucoup parmi eux étaient donc sur leur garde, discrets et économes de leurs déplacements de peur d’être repérés reprenant les habitudes qui étaient les leurs du temps de la lutte contre Omar el-Béchir.

« Nous n’avons pas peur », confiait cependant l’un d’entre eux. « Ce qui compte est que le monde sache que nous ne sommes pas d’accord pour laisser le pays aux mains des militaires », expliquait un autre, occupé ce vendredi à organiser le dispositif destiné en cas de répression cet après-midi à prendre en charge d’éventuels blessés.

Le général Abdel Fattah al-Burhan ne veut pas écouter la rue

L’ampleur de cette mobilisation sera d’autant plus importante que les négociations engagées en coulisses depuis le 25 octobre pour tenter de convaincre le général Burhan de faire marche arrière ne semble pas porter leurs fruits pour le moment.

Jeudi, à 48 h de la marche, ce dernier a au contraire annoncé un nouveau Conseil de souveraineté dont ont été exclus les membres qui réclamaient avant le coup d’État un transfert rapide du pouvoir aux civils. Une annonce dont les États-Unis et l’Union européenne ont estimé hier qu’elle « complique les efforts » destinés à « remettre le Soudan sur la voie de la transition démocratique ».

À la veille de cette marche, Michelle Bachelet, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a par ailleurs appelé les militaires à la « retenue », lors de cette manifestation et de veiller à ce que les droits du peuple soudanais à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient pleinement respectés.

Selon l’ONU, au moins quatorze personnes auraient été tuées et quelque 300 blessées lors des manifestations organisées entre le 25 et le 30 octobre, en raison d’un « usage inutile et disproportionné de la force par les forces militaires et de sécurité » dont des tirs à balles réels sur les manifestants.


Je pense que les femmes seront présentes, car nous avons beaucoup souffert sous l’ancien régime [d’Omar el-Béchir ndlr] et nous ne voulons pas de retour en arrière. Depuis la révolution, les espaces de liberté se sont ouverts pour les femmes. Et elles le doivent à elles-mêmes et non au gouvernement de transition qui n’a malheureusement pas fait grand-chose.

Ihsan Fagiri (militante pour le droit des femmes): «Nous ne voulons pas de retour en arrière»

►À lire aussi : Au Soudan, d’un équilibre politique précaire au coup d’État

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