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polémique autour de la cession de deux millions d’hectares de forêt en crédit carbone

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En Malaisie, à Bornéo plus précisément, un accord inquiète de plus en plus, car il prévoit de céder une partie des crédits carbone de deux millions d’hectares de forêt tropicale pour au moins cent ans à des compagnies étrangères, et cela, à la surprise générale des populations locales.

De notre correspondante à Kuala Lumpur,

Cet accord réunit plusieurs acteurs avec, d’un côté, un cabinet de conseil australien, une entreprise singapourienne et leur partenaire local, et de l’autre, les autorités de l’État malaisien de Sabah à Bornéo. L’ampleur de l’accord en train d’être finalisé est inédit avec une partie de la forêt primaire de la taille de la Slovénie, et une commercialisation de la capture du carbone qui pourrait durer pendant 200 ans. Ce carbone capturé devrait être vendu par ces acteurs étrangers à des entreprises cherchant à améliorer leur bilan carbone et 70% de ces bénéfices reviendraient alors à l’État Malaisien de Sabah qui serait également aidé par ces acteurs privés dans la préservation de la forêt  

Vouloir préserver la forêt est une bonne chose se défendent les autorités locales, mais cela ne convainc pas vraiment les voix qui ont émergé parmi les populations locales. Si cet accord est si bénéfique pourquoi a-t-il été fait en catimini se demandent certains. D’autres rappellent le grand mystère qui continue d’entourer cette affaire, on ne sait pas par exemple quelles zones sont concernées. La déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones est également brandie car elle assure que le consentement libre et éclairé des populations est nécessaire avant tout projet sur leur territoire. 

« Le colonialisme du carbone »

Une expression revient enfin de plus en plus pour qualifier l’accord et les conditions dans lesquelles les habitants l’ont découvert : « Le colonialisme du carbone ». Et si l’on réfléchit également sur le long terme et à l’échelle plus globale, ce genre de commerce visant à aider des entreprises potentiellement polluantes à afficher des bilans carbones neutres ou positifs posent également question. 

« Personnellement, je pense que les compensations de carbone ne devraient être autorisées qu’après qu’une entité ait démontré qu’elle a fait ce qu’elle pouvait pour réduire les émissions, explique Renard Siew, spécialiste des questions liées au développement durable au Centre for Governance and Political Studies in Kuala Lumpur. Cela ne devrait pas être utilisé comme un moyen facile de ne rien faire en se contentant d’acheter des crédits pour compenser les émissions. Nous avons besoin de lignes directrices et d’une gouvernance plus forte sur ces questions ».

►À lire aussi : À Bornéo, sauver la forêt pour sauver les orangs-outans!

Un autre point pose enfin question. Alors que les acteurs étrangers de cet accord se sont défendu des critiques en mettant en avant leur expertise et leur moyens dont pourraient profiter les locaux, à Bornéo on se demande si les peuples habitants ces forêts depuis des centaines d’années ne seraient pas les mieux qualifiés pour savoir comment protéger leur habitat. 



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