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référendum historique sur la politique de défense européenne

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Le Danemark va-t-il rejoindre la Politique de sécurité et de défense commune européenne ? Les citoyens de ce pays scandinave, membre de l’UE depuis 1973, en décident ce mercredi 1er juin par référendum. C’est le seul pays de l’UE à ne pas participer à la PSDC, en vertu d’une dérogation accordée en 1992 pour permettre l’adoption du traité de Maastricht. Mais la guerre en Ukraine bouscule les principes de ce membre fondateur de l’Otan, plutôt réticent à l’intégration européenne.

« Les périodes historiques appellent des décisions historiques. » Voilà ce qu’a déclaré la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, en annonçant la tenue de ce référendum historique, moins de deux semaines après le début de l’agression russe de son voisin l’Ukraine, le 24 février dernier.

Pour ou contre la levée d’une dérogation accordée en 1992, permettant à ce pays scandinave de ne pas prendre part à la PSDC, la Politique de sécurité et de défense commune ? Depuis son adhésion à l’UE en 1973, le Danemark a toujours marqué ses distances avec Bruxelles et l’intégration.

Membre fondateur de l’Otan, le pays a, en revanche, toujours eu des liens privilégiés avec les États-Unis. Mais aujourd’hui, une majorité de partis appelle à voter pour la levée de la dérogation. Seuls s’y opposent encore les ultra-nationalistes et l’extrême gauche, au sein des élites politiques.

Cependant, si ces derniers ne représentent qu’un quart des élus du Parlement, rien ne dit que la population suivra. À deux reprises déjà, Danois et danoises ont voté « non » : non au référendum sur l’euro en 2000, et non à celui sur la politique commune en matière de justice en 2015.

Parmi les tenants du non, l’extrême droite redoute que la participation à la PSDC se fasse au détriment des liens avec l’Alliance atlantique. En réalité, cette PSDC concerne les opérations hors du territoire européen et non pas directement la défense des États membres.

« Il y avait une Europe avant le 24 février, et une autre après », a expliqué Mme Frederiksen. De fait, alors que les Vingt-Sept ont du mal à s’entendre sur certaines questions liées au conflit, la victoire du « oui » enverrait un signal fort de Copenhague en faveur de l’autonomie stratégique de l’UE.

L’organisation d’un référendum aussi rapide, puisque la décision a été prise une quinzaine de jours seulement après le 24 février, ça veut dire quelque chose. Mais c’est loin de dire que le résultat sera positif.

Samuel Faure, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye

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