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une bavure de l’armée faisant 14 morts tourne à la crise politique au Nagaland

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En Inde, une grave bavure de l’armée est en train de se transformer en crise nationale. Samedi 4 décembre, l’armée a tué 14 civils dans la région du Nagaland, à l’extrême nord-est du pays, lors d’une prétendue opération contre des séparatistes, poussant la population à la colère contre l’armée, qui jouit d’une immunité dans cette région. Mais cela pourrait faire dérailler les négociations de paix menées par le gouvernement dans cette région frontalière avec la Birmanie.

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Des ouvriers d’une mine revenaient du travail samedi soir, dans les montagnes du Nagaland, quand un commando a mitraillé leur camion, tuant sept personnes. Des villageois, révoltés, ont alors attaqué les militaires, qui ont abattu sept autres civils. Un soldat est également mort dans la confrontation. Le ministre fédéral de l’intérieur a reconnu la bavure, et soutenu que les soldats pensaient avoir affaire à des rebelles.

Les crimes de l’armée sont courants au Nagaland, mais une loi d’exception assure l’immunité pénale à ces troupes. Ceci accroît la colère de la population et pourrait remettre en cause les négociations de paix en cours, estime Suhas Chakma, directeur de l’organisation de défense des droits humains, Rights and Risk analysis Group :

Ce drame a uni toute la société du Nagaland, car un tel massacre n’a pas eu lieu depuis les années 1980. Or il est survenu dans la zone contrôlée par les groupes qui négocient le cessez-le-feu avec le gouvernement. Ces derniers pourraient donc devenir plus radicaux, ce qui peut remettre en cause le cessez-le-feu.

Le chef du gouvernement du Nagaland a officiellement écrit à l’État fédéral, pour demander l’abrogation de la loi d’exception qui protège les militaires. Une loi en vigueur depuis soixante trois ans dans la région.



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